Ne faites pas cavalier seul.

Adhérez Maintenant

Le Bureau canadien se prépare à vivre une saison bien remplie

par Alan Willaert, vice-président de la FAM pour le Canada

Le beau temps est à nos portes, et il apporte avec lui de nombreuses activités de négociation en vue de la création ou du renouvellement de conventions collectives au cours du printemps et de l’été. À cela s’ajoute un calendrier bien rempli de conférences et de congrés, à commencer par le Congrès du travail du Canada, qui célèbre cette année le 100e anniversaire de la grève générale de Winnipeg à la mi-mai. Cet événement phare de l’histoire du Canada a mené à de nombreuses réformes du droit du travail et marqué le début de l’âge d’or du mouvement syndical.

Les célébrations seront suivies peu après d’une conférence de la Fédération internationale des musiciens consacrée aux travailleurs autonomes, organisée par le Danish Musicians Union. Quelques jours plus tard, nous prendrons le chemin de Las Vegas pour assister aux réunions du comité exécutif international de la Fédération des musiciens des États-Unis et du Canada (FAM), à différentes conférences régionales et au 101e Congrés de la FAM.

Peter J. Power, le président de longue date de la section locale 571 (Halifax, N.-É.), s’est éteint le 5 avril dernier. J’ai rencontré Peter pour la première fois en 1987, alors que j’assistais au Congrés de la FAM à titre de nouveau délégué de la section locale 467 (Brantford, Ont.). Dès les premiers instants, j’ai été impressionné par ce représentant qui avait plus à cœur les intérêts de ses membres que son titre.

Il n’avait pas toujours le soutien de la majorité pendant les discussions et les débats avec ses pairs. Ceux-ci l’appuyaient rarement, mais le respectaient. J’ai vite constaté que Peter ne se contentait pas d’approuver les recommandations et les propositions. Il devait d’abord s’assurer de bien comprendre les conséquences de ces mesures sur les membres de la section locale 571. Il n’agissait jamais en fonction de ses propres intérêts, mais plutôt de ceux des membres de sa section.

Il avait la Fédération tatouée sur le cœur. S’inspirant de James C. Petrillo, ancien président de la FAM, il tentait d’incarner ses valeurs. Son style de leadership s’est révélé efficace au début, mais il a éventuellement essuyé les critiques des plus jeunes membres de sa section.

Lorsque le Comité des sages a proposé d’importantes réformes financières en 1991, Peter a jugé que les membres de sa section seraient durement touchés s’il donnait son appui aux recommandations des comités juridique et des finances de la FAM. Toutefois, un ardent défenseur de la Fédération tant aux États-Unis qu’au Canada, il avait une vue d’ensemble de la situation. Il a voté dans l’intérêt de la majorité, sachant qu’il essuierait de vives critiques parmi ses pairs.

Plus tard, j’ai été appelé à me rendre à Halifax à titre de représentant international pour procéder à des audits financiers et opérationnels de la section locale. Peter s’est toujours montré coopératif, amical, et accueillant, au point de me prendre en otage le soir venu, me promenant d’une salle de spectacle à l’autre pour me présenter aux membres de sa section.

Il portait de nombreux chapeaux – musicien, animateur, mentor, homme d’État, président de comité, décideur, lobbyiste, politicien, leader emphatique –, et c’était un ami. Il est souvent difficile d’interagir avec quelqu’un quand la différence d’âge est importante, mais ça n’a jamais été un problème avec Peter. Nous avons partagé des moments d’une grande complicité. Peter, repose en paix et sache que tu as permis de grands progrés pour les musiciens du Canada Atlantique.