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Musiciens de BrokeOut West

par Alan Willaert, vice-président de l’AFM pour le Canada

Au moment d’écrire ces lignes, je descends tout juste d’un avion en provenance d’Edmonton, en Alberta, où j’ai passé les derniers jours; j’y ai organisé un rallye, accordé des entrevues aux journalistes de la presse écrite et de la radio et rencontré un politicien membre du Nouveau Parti démocratique (NPD), qui forme l’actuel gouvernement. Toutes ces activités visaient à maintenir la pression sur la  Western Canadian Music Alliance (WCMA) en vue d’obtenir une entente relativement à son festival de musique, BreakOut West (BOW).

Comme je l’ai dit dans le passé, la WCMA dispose d’un budget de fonctionnement d’environ 600 000 $ dont une portion substantielle provient de subventions et d’autres formes de financement accordées par divers gouvernements, en plus de commandites privées. La WCMA n’a pas le choix que de rémunérer équitablement ses têtes d’affiche, car ce sont elles  qui garantissent la reconnaissance du festival, mais la grande majorité des musiciens ne reçoivent aucun cachet. Les ententes précédentes prévoyaient bel et bien des cachets, mais l’administration de BOW a changé son « modèle d’affaires » de façon à rabaisser encore plus les musiciens.

Ce type d’injustice sociale pose problème non seulement pour les musiciens, mais bien pour tous les travailleurs canadiens. C’est pourquoi nous avons approché la Fédération du travail de l’Alberta (AFL) pour leur demander de nous aider. Ils ont accepté avec enthousiasme, notre message s’inscrivant très bien dans la campagne nationale en faveur du salaire minimum de 15 $ l’heure organisée par le Congrès du travail du Canada (CTC). Les membres de l’AFL ont participé à la production de pancartes thématiques et de feuillets à distribuer, ont lancé un appel à l’action à leurs syndicats affiliés et aux médias pour annoncer la date et l’heure du rallye et amené les membres de leur personnel comme participants.

Un merci tout particulier aux membres de l’Edmonton Symphony Orchestra qui ont sacrifié leur temps de pause pour venir grossir nos rangs à plus de 50 afin d’occuper la rue devant l’hôtel hôte de BOW. De plus, dans un geste de solidarité étonnant, le grand pianiste international de jazz P.J. Perry et l’artiste de blues Graham Guest de la section locale 390 (Edmonton, Alb.) se sont joints à nous. Scandant des messages en faveur de la rémunération de l’ensemble des musiciens et non de certains individus seulement, notre groupe a réussi à lancer un message fort.

J’aimerais également remercier le directeur de la syndicalisation de l’ AFM, Michael Manley, de même que le négociateur de l’AFM, Todd Jelen, ainsi que l’administrateur des contrats de médias électroniques de l’AFM Canada, Dan Calabrese, qui a rassemblé le personnel local de l’AFM.  Un merci spécial aussi au président de la section 390, E. Eddy Bayens, et à la secrétaire, Edith Stacey, pour leur aide et leurs appels aux membres, et au secrétaire-trésorier de la section 547 qui a consacré sa journée à se déplacer pour venir soutenir notre activité.

Après le rallye, Bayens et moi avons rencontré un député afin de lui faire comprendre que le gouvernement commet une erreur en ne faisant pas plus attention à qui il accorde des subventions. On peut espérer que la situation sera corrigée, car le NPD est au pouvoir actuellement en Alberta, et nous leur avons bien fait comprendre que les musiciens ne recevaient pas un sou, même pas le salaire minimum requis par la loi.

Cette manifestation de solidarité n’est que le début de l’histoire; il faut maintenant exercer des pressions sur tous les commanditaires du festival afin de garantir que, l’année prochaine, il se tienne dans le cadre d’une entente avec la FCM ou ne se tienne pas. À vous, nos membres, je demande de bien prendre note que la WCMA est toujours sur notre liste noire internationale. Jusqu’à nouvel ordre, n’acceptez aucun contrat avec cette organisation ou ses affiliés, pour quelque prestation que ce soit.